Bruno BalestriniPhotographe
Bruno Balestrini/ Architecture/ Églises romanes mineures en Italie/ Église San Zeno
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Églises romanes mineures en Italie

Église San Zeno

L’appareil de cette partie de l’église (voir photo flanc nord) paraît assez homogène : il est réalisé, dans les parties basses, en pierres assez grandes, surtout claires, équarries et posées sur des lits de mortier d’un centimètre et demi ou deux, pierres qui deviennent plus petites et moins travaillées dans les parties hautes, avec des insertions de galets. Ces légères différences sembleraient permettre de supposer une phase d’exécution distincte, bien qu’il puisse s’agir simplement de parties réalisées avec un autre matériau, plus grossier, mais relevant néanmoins de la même campagne de construction. À un examen plus attentif, on peut toutefois repérer des traces de rupture dans la maçonnerie : horizontalement, un décrochement est visible, surtout dans la zone proche de la façade, à environ 3 mètres de hauteur ; il se prolonge sur 5-6 mètres de longueur et est souligné par une sorte de listel horizontal ; verticalement en revanche, bien que la chose soit plus difficile à discerner, entre les deux portes obturées, les maçonneries proches de la zone absidale présentent un assemblage plus approximatif et les blocs deviennent plus petits et moins travaillés, liés par des couches de mortier plus épaisses, ce qui fait penser à un prolongement de l’édifice vers l’est, encore à l’époque romane, avec la construction de la nouvelle abside. Sur le tronçon correspondant du mur gouttereau sud, du côté opposé, cette différence n’est pas visible, en raison de l’adjonction, à une époque encore postérieure, de la sacristie. Toujours sur le flanc nord se trouvent deux portes murées, surélevées d’environ un demi-mètre par rapport au niveau actuel du sol. La première, vers l’est, surmontée d’une lunette monolithe semi-circulaire portant en son centre une croix en relief, a des piédroits composés de gros blocs du même matériau que celui de l’abside ; la seconde, à deux mètres environ de la première, plus grande, a un linteau monolithe et des piédroits formés de pierres rosées. Outre ces deux portes murées, le flanc nord compte trois autres ouvertures : au-dessus de la porte à la croix s’ouvre une fenêtre rectangulaire à ébrasement de briques, probablement postérieure à la construction romane. À deux mètres environ au-delà de l’autre porte se trouve une fenêtre très étroite, presque une meurtrière, et, toujours en allant vers l’ouest, une baie ébrasée à arc monolithe qui devrait être contemporaine de la construction romane. La façade (photo 8 - façade) est la partie de l’édifice qui présente les réfections post-médiévales les plus visibles. Les parties hautes sont entièrement enduites ; on y voit deux ouvertures manifestement percées à une époque plus récente : un portail rectangulaire, qui sert d’entrée à l’église, et une grande fenêtre à arc surbaissé. Les maçonneries des parties basses, pour ce qui en reste visible, reprennent dans la composition des blocs les caractéristiques relevées sur le flanc nord ; seuls les angles sont constitués de pierres plus grandes. Le mur gouttereau sud (voir photo flanc sud) , dans la partie proche de la façade, tout en conservant dans l’ensemble le même appareil rustique en pierres apparentes que l’on observe sur le flanc nord, révèle un assortiment de matériaux plus complexe : on y trouve aussi des galets sombres et des briques, sans que se répète le schéma de pierres plus grosses dans les parties basses, diminuant peu à peu de taille dans les parties hautes. Les parties hautes, sous le toit, montrent, comme du reste sur le mur gouttereau nord, des interventions de restauration dues à la réfection des couvertures. On n’y trouve qu’une seule baie, ébrasée, à arc monolithe, mieux conservée que celle du côté nord (photo 10 - baie). Un élément particulier est une grande arcade, aujourd’hui murée, dans laquelle a été insérée une porte rectangulaire, réalisée lors de la fermeture de l’arc. Les spécialistes affirment qu’au début du XXe siècle encore se trouvait ici un portique ou une pièce dont la fonction n’est pas claire ; en témoignent, à deux mètres environ au-dessus du sommet de l’arcade, des blocs en saillie, vestiges de l’ancien raccord d’un toit, de même qu’un tronçon de fondation dépassant du mur occidental de la sacristie confirmerait l’existence de cette pièce, englobant peut-être aussi l’actuel local de service, puisque les fondations de celui-ci sembleraient remonter à l’époque médiévale plutôt qu’à la reconstruction post-médiévale. Le matériau employé dans l’encadrement de l’arc est du même type que celui mis en œuvre dans l’abside. La partie de maçonnerie située juste au-dessus, réalisée en pierres bien équarries posées avec peu de mortier, présente elle aussi une typologie constructive comparable à celle de l’abside. À l’intérieur de l’arc, vers l’est, subsistent des restes de fresque (une demi-figure de saint, reconnaissable à son auréole) qu’il n’est pas possible d’identifier plus précisément. Quant à la sacristie, si l’on excepte le côté est, sa maçonnerie est peu lisible en raison de l’épaisse couche d’enduit qui la recouvre : les parties mises au jour par l’écaillement de l’enduit montrent une construction en blocs irréguliers mêlés à diverses sortes de briques, assemblés sans ordre dans d’épaisses couches de mortier. Dans l’ensemble, l’appareil des murs gouttereaux de cette piève reprend les caractéristiques des édifices ruraux médiévaux en pierres apparentes, même si San Zeno de Lonato révèle une évolution constructive en plusieurs phases, toutes situables aux XIe et XIIe siècles, mais relevant d’époques différentes, comme le montreraient l’abside, les petites têtes sous l’avant-toit du flanc nord et l’arcade murée du mur gouttereau sud ; sont en revanche certainement postérieurs à l’époque romane l’actuelle sacristie, le clocher-mur, le portail d’entrée à l’ouest et la grande fenêtre qui le surmonte. L’intérieur n’a pratiquement rien conservé des anciennes structures d’époque romane et porte les traces évidentes des restaurations des XVIe-XVIIe siècles (photo 11 - intérieur). Le sol, composé de carreaux de terre cuite, lui aussi d’époque récente, est légèrement en pente vers la partie occidentale par rapport à la zone absidale : la dénivellation entre les deux zones est d’environ un demi-mètre ; quelques marches surélèvent encore cette zone, au point de laisser supposer la présence d’une pièce souterraine (ce que l’archéologie n’a pas encore vérifié). Les murs sont recouverts d’une épaisse couche d’enduit blanc ; trois grands arcs transversaux, reposant sur des piliers adossés aux murs périmétraux, divisent l’espace intérieur en quatre travées. Le toit, à poutres apparentes et briques, est le fruit de restaurations récentes. Juste au-dessous de la jonction du toit avec les murs latéraux saillent des consoles qui indiquent l’ancienne position des couvertures. L’hémicycle absidal, précédé d’une moulure, conserve quelques fragments de fresque probablement attribuables au XVe siècle : on y entrevoit, entre la baie centrale et la baie méridionale, un saint évêque (impossible à identifier plus précisément et assez abîmé) ; à la suite, toujours vers le sud, et mieux conservé, apparaît un autre saint évêque, peut-être saint Zénon (photo 12 - fresque). À côté subsistent quelques traces très détériorées d’une Vierge à l’Enfant et, dans la travée comprise entre l’hémicycle absidal et la porte de la sacristie, une partie d’un saint Roch (on voit une main du saint désignant sa jambe portant la plaie causée par la lèpre). Dans une niche, toujours sur ce mur périmétral, juste à côté de l’entrée méridionale, se trouve un bénitier taillé dans un monolithe quadrangulaire de pierre sombre, sculpté sur sa face visible de deux croix de procession côte à côte, peut-être d’époque médiévale ; en face, également dans une niche ménagée dans le mur, se trouve un autre bénitier, en marbre blanc, d’époque Renaissance. L’autel actuel est constitué d’un monumental autel du XVIIe siècle, en bois peint sur toutes ses faces, provenant d’un autre édifice religieux de Lonato.

Comment citer

Bruno Balestrini (photographie), « Église San Zeno », Églises romanes mineures en Italie, Lonato, Italie. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/romanico-minore-00011/. Consulté le [date de consultation].

Ce texte a été traduit de l’original italien avec l’aide de l’intelligence artificielle (Claude). Lire la version italienne.