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Bruno Balestrini/ Grands cycles picturaux/ Bréviaire Grimani — le calendrier des mois, Biblioteca Nazionale Marciana
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Bréviaire Grimani

Bréviaire Grimani

photographies de B. Balestrini

Janvier

Le banquet d’un riche seigneur.

Toutes les images placées en regard du calendrier ont pour but de mettre en évidence, dans la vie de cour, les différences entre le milieu urbain des seigneurs et le milieu rural des paysans à leur service.

Ici se déroule un banquet solennel, où le riche seigneur est assis au centre de la table et où l’on aperçoit tout autour de lui ses serviteurs occupés à leurs diverses tâches. La table est dressée de façon impeccable et la pièce présente des ornements et des objets qui évoquent aussitôt l’idée de la richesse et du luxe.

En haut, les signes du mois, le Capricorne et le Verseau et au centre, le symbole de la Providence. Tous les signes du zodiaque figurant dans le calendrier indiquent les limites dans lesquelles Dieu gouverne, par les mouvements des astres, les travaux et les jours de l’humanité. Dans les bordures, comme nous le verrons pour chaque mois, sont représentées les fêtes les plus importantes et les travaux à accomplir.

En bas est représenté un tournoi, où les bannières de Flandre et des Habsbourg témoignent clairement de la longue lutte pour la liberté des Pays-Bas.

Février

Les paysans en février.

Cette scène, extrêmement poétique et mélancolique, a le pouvoir immédiat de mettre en évidence la pauvreté à laquelle les paysans étaient contraints, mais, en même temps, parvient à dégager une agréable sensation de chaleur, qui transparaît du contact panique qui s’instaure entre les paysans et la nature.

En haut, les signes du Verseau et des Poissons.

Au-dessous, de droite à gauche, un fendeur de bois, des enfants qui jouent sur la glace et un homme qui transporte du bois.

Mars

Les travaux des champs.

Ici, la scène semble presque prendre une valeur politique. On peut en effet reconnaître, de haut en bas, une hiérarchie sociale bien précise. En partant par exemple du premier plan et en avançant en profondeur, on aperçoit successivement les paysans occupés à faire paître le troupeau, à semer, à bêcher et à piocher la terre, et à labourer, jusqu’à la vision presque raréfiée d’une ville. Il est clair que cette verticalisation dérive d’une variante de la conception du « Bon Gouvernement » d’Ambrogio Lorenzetti sur le rapport entre la ville et la campagne.

En haut, les signes des Poissons et du Bélier.

Au-dessous, des scènes qui représentent la pêche nocturne, avec de splendides effets picturaux « à la chandelle ».

Avril

Les noces.

Cette image, où la scène principale est le cortège nuptial, est riche en éléments symboliques. Au fond transparaissent, comme des visions, des flèches qui rappellent les paysages de Van Eyck, au loin, on voit une barque qui fait penser à un long voyage et, sur la gauche, un ménestrel tenant une grenouille, symbole de bon augure.

Sur toute la scène domine le char du temps qui détermine, par les astres, les événements terrestres.

En haut, les signes du Bélier et du Taureau.

Mai

La fête des arbres.

C’est surtout ici que le char, tiré par des chevaux ailés, révèle sa véritable signification, à savoir celle du triomphe de l’Éternité. Il domine la scène de la fête, où la chevauchée des couples dans les bois rappelle, par la représentation des chevaux, alignés et écumants, le souvenir de Pisanello et de Van Eyck.

Les signes sont ceux du Taureau et des Gémeaux.

Au-dessous, une joyeuse scène représentant la traite.

Juin

La fenaison.

Une fois encore apparaît au loin la glorieuse vision d’une ville nordique qui surplombe le travail des paysans, occupés à la fenaison. Des hommes fauchent l’herbe et, à leur gauche, les femmes étalent l’herbe pour qu’elle sèche au soleil.

En haut se trouvent les signes des Gémeaux et du Cancer.

Au-dessous, les deux scènes représentant la pêche en rivière et la chasse au héron.

Juillet

La moisson et la tonte.

Dans la scène, on remarque d’abord deux hommes occupés à tondre les moutons, surveillés par un intendant. Au second plan, la moisson du blé qui, éclairé par la lumière du soleil, semble presque dégager de la chaleur. Au loin, dominants et menaçants, s’élèvent les édifices de la ville.

Les signes sont le Cancer et le Lion.

Au-dessous, une curieuse scène de canards en pâture sur la rive d’un fleuve.

Août

Le départ pour la chasse.

Dans cette image aussi, qui représente le départ pour la chasse au sanglier, l’auteur met en lumière la différence entre les dames et les riches seigneurs, reconnaissables parce qu’ils sont à cheval et somptueusement vêtus, et les serviteurs, qui marchent à leurs côtés avec les chiens. Le tout est renforcé par la vision menaçante de la ville au loin. Digne d’intérêt est la caractérisation pénétrante des races de chiens, qui deviennent ainsi des protagonistes essentiels de la scène.

Les signes sont le Lion et la Vierge.

En bas, deux paysans fatigués par la moisson, décrits de manière différente. L’un qui s’efforce de se désaltérer et l’autre, allongé, en quête d’un peu de repos.

Septembre

Les vendanges.

L’image prédominante est ici celle des paysans occupés aux vendanges dans une vigne au pied d’un château. Au loin, sur la droite, on peut voir d’autres paysans qui cueillent les fruits des arbres, épiés furtivement par une figure, à peine perceptible, à la fenêtre.

Les signes sont ceux de la Vierge et de la Balance.

Les scènes du bas représentent, l’une, l’intérieur d’une boutique de barbier, lequel, manifestement, pratiquait aussi les rudiments de la chirurgie, et l’autre, une femme occupée à traire une chèvre.

Octobre

Les semailles.

La scène se présente riche en éléments. Au fond, la masse urbaine semble presque séparée du milieu rural par une enceinte de murailles qui s’élèvent le long du fleuve. En deçà des murailles, tous les serviteurs au travail : les lavandières à l’ouvrage sur la rive du fleuve, quelques hommes occupés à haler des barques et, au premier plan, le travail organisé des semailles. Sur la gauche, un paysan sarcle la terre, un autre sur la droite sème le blé et un troisième, armé d’un arc, s’emploie à chasser les corbeaux prêts à picorer le grain.

En haut, les signes de la Balance et du Scorpion.

Les trois scènes du bas représentent trois sortes de chasse aux oiseaux: celle au filet, pour les cailles, celle à l’appelant, où l’on place un animal en cage pour attirer les oiseaux et, enfin, celle au faucon.

Novembre

La récolte des glands et la chasse au lièvre.

Les scènes dominantes sont cette fois au nombre de deux. Au premier plan, un troupeau de porcs qui dévorent les glands que les paysans font tomber des chênes. Au second plan, au-delà d’un ruisseau, une ronde de nuit qui chasse les lièvres. Dans cette planche aussi, on remarque la grande maîtrise avec laquelle l’auteur parvient à rendre les races des animaux et à en faire ressortir les caractéristiques.

Les signes sont ceux du Scorpion et du Sagittaire.

En bas, la scène représente, dans toutes ses nuances, la fête de saint. Martin, fête populaire typique des Pays-Bas.

Décembre

La chasse au sanglier.

Au premier plan, au centre, est un sanglier abattu et mordu par un grand nombre de chiens, que les serviteurs s’affairent à retenir pour éviter qu’il ne soit mis en pièces. Sur la droite, un homme sonne du cor pour avertir les chasseurs dispersés que la chasse est terminée. La ville apparaît raréfiée au fond.

Les signes, qui clôturent le calendrier, sont ceux du Sagittaire et du Capricorne.

Au-dessous, est décrite la préparation du sanglier tué pour la boucherie. On voit, en effet, un homme qui lui brûle les soies. Sur la droite, en revanche, est représentée une ménagère qui cuit le pain en compagnie de sa fille.

Source
Site thais.it de Bruno Balestrini
Ce texte a été traduit de l’original italien avec l’aide de l’intelligence artificielle (Claude). Lire la version italienne.