Mort de Sappho
Les vingt années de l’entre-deux-guerres virent l’épanouissement plein et triomphal de l’art de Martini, qui s’imposa lentement jusque dans les milieux officiels ; mais tandis que Martini, puisant à fond dans ses inépuisables ressources de métier, menait à terme d’épuisantes commandes publiques (reliefs pour le Palazzo di Giustizia, pour l’Ospedale Maggiore, pour l’Arengario, toujours à Milan), peut-être précisément en polémique avec les « monuments », il concevait des œuvres d’une extrême vigueur et d’une grande audace d’invention ; sur ce thème pathétique de la mort désespérée de la poétesse sur les rochers marins, le sculpteur travailla assidûment, en diverses esquisses et variantes, tendu vers une décantation formelle absolue, jusqu’à l’extrême dépouillement de ce groupe ; un corps rugueux, totalement assimilé aux pierres qui le soutiennent.
Bruno Balestrini (photographie), « Mort de Sappho », œuvre de Martini Arturo, Sculpture moderne, Rome, Galleria Nazionale d’Arte Moderna. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00225/. Consulté le [date de consultation].