Saint Sébastien blanc
Le goût pictural qui animait discrètement les surfaces de Gallo est en revanche un élément fondamental, la racine même, de l’art de Leoncillo, qui, dans l’usage savant des émaux, portés à une chromie violente et provocante, tend à une intensification en profondeur de la correspondance spatiale des surfaces. C’est précisément la consistance volumétrique de la couleur qui fait la suture entre les expériences formelles disparates du sculpteur, de l’expressionnisme au néocubisme et à l’informel. En effet, aussi bien dans les premières céramiques nées dans le cadre des expériences de l’École romaine que dans les structurations néopicassiennes, telle la célèbre Partisane, et dans les agglomérats de matière actuels, la définition du contour ne correspond jamais à la délimitation effective des masses, mais elle est altérée par la vibration accentuée de la couleur.
Bruno Balestrini (photographie), « Saint Sébastien blanc », œuvre de Leoncillo Leonardi, Sculpture moderne, Rome, Galleria Nazionale d’Arte Moderna. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00202/. Consulté le [date de consultation].