Bacchus
Comme Donatello dans le « David » de bronze et dans l’« Éros Atys », Michel-Ange lui aussi donne vérité au sujet mythique et à son interprétation « privée » en en faisant l’expression de problèmes et d’intérêts personnels. L’objet exquis de « cabinet d’amateur » devient confession poétique. Dans la reprise du naturalisme hellénistique, Michel-Ange exprime un abandon sensuel frémissant : il révèle le déploiement alangui du corps, la splendeur équivoque et la molle plasticité des membres, le geste vif, insolent et chapardeur du petit faune, dans le flux moelleux des volumes dans la lumière. L’artiste a pris prétexte de l’imitation de l’antique pour révéler un aspect de la vie.
Bruno Balestrini (photographie), « Bacchus », œuvre de Michelangelo Buonarroti, Sculpture de la Renaissance, Florence, Museo Nazionale del Bargello. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00150/. Consulté le [date de consultation].