Le Serpent d’airain
Dans les dix reliefs bibliques, exécutés entre 1484 et 1488, Bellano offre un exemple exhaustif de ce processus de démembrement et de dessèchement des diverses composantes (culture, raison, vérité naturelle, dignité formelle, etc.) qui en étaient venues à coexister organiquement, non seulement dans le réalisme intégral donatellien, mais aussi dans la prose coulante du naturalisme classicisant florentin. Le langage se fait composite, érudit et programmatique dans l’exhibition de virtuosités techniques qui ne sont pas motivées intrinsèquement, perdant la confiante certitude illusionniste et la synthèse rationnelle équilibrée d’une vision sereinement unitaire.
Bruno Balestrini (photographie), « Le Serpent d’airain », œuvre de Bellano Bartolomeo, Sculpture de la Renaissance, Padoue, Piazza di Sant'Antonio. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00112/. Consulté le [date de consultation].