Notre-Dame du Carmel
Après les interprétations rythmiques, picturales, illusionnistes que peintres et sculpteurs donneront, tout au long du siècle, du stiacciato si particulier de Donatello dans la Madone de la Casa Pazzi, seul le jeune Michel-Ange en comprendra la signification intégrale. Déjà, dans les reliefs d’Agostino di Duccio, le stiacciato pathétique et énergique de Donatello et celui, délicatement et nerveusement sensible, de Desiderio se transforment en une trame de contrepoints entre des pans de plans découpés dans la lumière et des arabesques de floraisons linéaires abstraites. Une culture de type intellectualiste, qui récupère dans le goût humaniste la tradition aristocratique du gothique cosmopolite et courtois, en employant le répertoire néo-attique et byzantin, cristallise le libre flux vital du relief de la Renaissance.
Bruno Balestrini (photographie), « Notre-Dame du Carmel », œuvre de Agostino di Duccio, Sculpture de la Renaissance, Florence, Museo Nazionale del Bargello. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00113/. Consulté le [date de consultation].