Résurrection du Christ
La composition dérive de la lunette exécutée entre 1442 et 1445 par Luca della Robbia pour la porte de la sacristie nord du Duomo : mais c’est précisément la ressemblance iconographique qui permet de percevoir pleinement quel changement de culture et d’intérêts stylistiques s’est produit à Florence à un peu plus de trente ans de distance. À la mesure solennelle d’une vision où nature, idée et sentiment coïncident en une structure organique se substitue un élan de dynamisme pathétique, qui aiguise et exaspère chaque détail caractéristique (ce qui explique les reprises partielles d’inventions donatelliennes, comme dans les anges), pour résorber ensuite chaque « épisode » dans le rythme sonore de la composition. C’est dans ce climat dynamique d’ardente « physiologie agonistique » (Longhi) que grandit, non sans heurts, le génie difficile de Léonard.
Bruno Balestrini (photographie), « Résurrection du Christ », œuvre de Verrocchio Andrea, Sculpture de la Renaissance, Florence, Museo Nazionale del Bargello. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00052/. Consulté le [date de consultation].