La Vertu terrassant le Vice
Bientôt le jeune maître, qui avait attiré l’attention même du compassé Vasari, eut l’occasion d’affirmer définitivement sa maîtrise ; en 1565, François Ier de Médicis lui commandait un groupe destiné au Palazzo Vecchio pour faire pendant au Génie de la Victoire de Michel-Ange ; malgré la contrainte extérieure du modèle, Giambologna construit son œuvre avec une vive indépendance, non dépourvue d’une subtile veine polémique : autant le groupe michelangelesque est bloqué en une rigoureuse masse unitaire, autant l’invention du Flamand tend vers une fluidité élastique et élancée, insistant sur les vides qui ajourent et dégagent les figures. Il semble qu’à l’origine le groupe ait voulu représenter allégoriquement la victoire des Florentins sur Pise.
Bruno Balestrini (photographie), « La Vertu terrassant le Vice », œuvre de Giambologna, Sculpture baroque, Florence, Museo Nazionale del Bargello. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00033/. Consulté le [date de consultation].