David
Dans ce processus de macération et d’autodiscipline, Manzù dépassait automatiquement les séductions de la belle matière et de la forme attrayante (danger toujours latent dans sa plastique, même la plus récente, en raison de la sensualité primordiale de son tempérament et de la merveilleuse facilité et vitalité de sa touche). En un certain sens, sa sculpture se refusait à la statue, c’est-à-dire à la rhétorique du geste, pour se concentrer dans la méditation pensive, dans l’attente. Le David est comme une pelote de membres repliés sur eux-mêmes, dans l’attente d’une touche providentielle pour se dévider dans la lumière, dans l’air (glorieuse ou douloureuse ?). Le sculpteur avait déjà modelé en 1938 un petit David très semblable à celui-ci, encore plus fermé et plus serré dans le modelé
Bruno Balestrini (photographie), « David », œuvre de Manzù Giacomo, Sculpture moderne, Milan, Collection particulière d’art moderne. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00169/. Consulté le [date de consultation].