L’Homme d’Hiroshima
Pour Fabbri, le procédé informel a toujours eu la signification d’un correctif à la correction d’un technicisme purement artisanal, et en même temps d’un stimulant imaginatif pour la reconquête d’une certaine veine ludique (au sens optimiste et cathartique du jeu) qui sous-tend les fantaisies angoissées d’apparence surréaliste et l’âpre dénonciation sociale. L’optimisme volontariste qui voit dans l’art un jeu de l’imagination destiné à une « récréation » supérieure de l’homme justifie le dépassement continuel des modules figuratifs (il n’existe pas de motif Fabbri à l’usage des marchands), qu’accompagne aussi une ductilité stylistique téméraire. Il y a toutefois une constante dans toute son œuvre : c’est la capacité de métamorphose avec laquelle il intervient dans la matière, si bien que des chutes d’atelier ou des scories de fonderie il sait tirer le cri d’un dernier espoir du survivant de l’ultime folie humaine.
Bruno Balestrini (photographie), « L’Homme d’Hiroshima », œuvre de Fabbri Angenore, Sculpture moderne, Venise, Galleria d’Arte Moderna à Ca’ Pesaro. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00213/. Consulté le [date de consultation].