Portrait de gentilhomme
L’une des solutions immédiates de la réaction aux formules néo-Renaissance académiques, et naturellement conservatrices, fut toujours l’accentuation expressive, le soulignement dramatique. Martini avait déjà réagi au naturalisme de la fin du XIXe siècle par le primitivisme expressionniste de la Prostituée. Après 1935, et plus encore avec le déchaînement de la tragédie de la guerre, c’est précisément sur ces deux acceptions, primitivisme-expressionnisme, que se développa, en peinture comme en sculpture, la recherche d’un langage nouveau, qui exprimât mieux la situation complexe et contradictoire de l’homme moderne. Maine, artiste réservé et retiré, a toujours répondu avec une grande vigueur, depuis son coin de province, aux sollicitations d’une culture spiritualiste tendue vers la reconquête d’une nouvelle dignité de l’homme par-delà les fractures d’une barbarie inédite. Son trait lacère et fend, creuse et tord la matière, la pliant, de manière polémique, à des valeurs et à des significations intensément expressives, à la limite du symbole.
Bruno Balestrini (photographie), « Portrait de gentilhomme », œuvre de Maine Camillo, Sculpture moderne, Milan, Civico Museo d’Arte Contemporanea. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00123/. Consulté le [date de consultation].