Portrait
Malheureusement, rares étaient les artistes qui, comme Martini, recherchaient, de quelque manière que ce fût, une formule pour dépasser le décadentisme alangui de la culture de la fin du XIXe siècle. La poétique très personnelle de Rosso se révélant inimitable, le problème de la reconquête d’une forme idéale, dans laquelle le réel trouverait une justification moins contingente qu’il ne l’avait trouvée dans le naturalisme issu tant de Bartolini que de Gemito, se posait de nouveau avec une nécessité brutale. De diligents statuaires, Andreotti et Romanelli en tête, tentaient alors, et ensuite pendant de trop longues années, la restauration ambiguë d’une rigueur académique néo-Renaissance ou néo-hellénistique ; d’autres, comme Wildt, choisirent la voie plus sophistiquée d’un intellectualisme tourmenté, toujours farci d’abstrusités littéraires. Cette tête de Romanelli date déjà des années du « Novecento », mais depuis le temps où il aidait son père, statuaire lui aussi, comme l’avait été son grand-père, le style du sculpteur ne présente pas de solution de continuité.
Bruno Balestrini (photographie), « Portrait », œuvre de Romanelli Romano, Sculpture moderne, Rome, Galleria Nazionale d’Arte Moderna. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00283/. Consulté le [date de consultation].