Bruno BalestriniPhotographe
Bruno Balestrini/ Architecture/ Églises romanes mineures en Italie/ Piève de Santa Stefania
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Églises romanes mineures en Italie

Piève de Santa Stefania

CAMPANILE Le campanile (voir photo campanile) , séparé de l’église d’un mètre environ, est une haute et massive tour carrée dans laquelle se distinguent au moins deux phases de construction différentes, repérables dans l’élévation à partir d’une dizaine de mètres du sol ou un peu plus du côté sud, et à deux mètres environ plus haut du côté nord, où la maçonnerie, suivant un tracé oblique, présente presque une ligne de rupture en raison de l’irrégularité du raccord entre les blocs des parties supérieures et ceux des parties basses ; celles-ci sont construites avec des pierres parfois de grandes dimensions, provenant peut-être de l’établissement rural résidentiel voisin d’époque romaine [2] (voir photo base campanile) . Cette partie de la tour est légèrement plus large que la partie qui la surmonte, ce qui indique une construction antérieure, peut-être pas vraiment destinée à un usage religieux étant donné l’absence totale d’ouvertures (on pourrait supposer des vestiges du « castrum diruto » que les documents médiévaux situent près de la piève, réaménagés en campanile à l’époque romane, avec la construction des parties hautes de la tour). Les parties les plus hautes se distinguent par leur mode de construction, avec l’emploi de pierres plus petites, équarries et assemblées selon une technique comparable à celle des murs périmétraux et de la façade de l’église. Il n’y a pas d’ouvertures, à l’exception de quatre fenêtres en plein cintre en briques qui s’ouvrent dans la chambre des cloches, d’une étroite meurtrière percée du côté nord à la hauteur du premier étage, et de l’entrée de la tour, placée sur la face est et surélevée à la hauteur du premier étage (on y accède aujourd’hui par un escalier en fer). Près du flanc sud de l’église, posées à terre et laissées à l’abandon, se trouvent deux bases de colonne carrées en pierre blanche et un fût de colonne en marbre rose de Vérone. On ignore leur lieu de provenance. INTÉRIEUR Depuis le portail d’entrée, il faut descendre quelques marches pour atteindre le niveau du sol de l’église, refait et restauré à des époques récentes. L’intérieur est une salle unique, rythmée en quatre travées par trois larges arcs transversaux reposant sur des piliers massifs, en saillie d’un mètre environ sur les murs latéraux, et terminée à l’est par l’hémicycle absidal ( voir photo intérieur) . Les arcs transversaux en tiers-point et l’épais enduit qui recouvre les parties de mur non décorées de fresques ou non masquées par les autels sont précisément les signes évidents de l’intervention d’époque Renaissance. Le toit est constitué de poutres de bois apparentes et de carreaux peints formant plafond. Plusieurs parties des peintures paraissent bien conservées, aussi bien celles de la chapelle latérale gauche que celles de l’arc et des murs de la zone presbytériale. Des traces de fresque sont visibles aussi le long des murs latéraux et sur l’un des piliers qui soutiennent les arcs transversaux en tiers-point, indices que ce décor devait s’étendre bien au-delà de ce qui est encore visible. Que les habitants de Nuvolento aient apprécié le décor peint (ce qui vient aussi appuyer l’hypothèse de cycles picturaux bien plus étendus), on peut le constater à une particularité, unique au demeurant dans la région du lac de Garde : ils ont fait peindre, outre les murs de l’église, les carreaux du toit eux-mêmes (« Carreaux de terre cuite insérés entre les poutres pour couvrir les quatre travées ») de motifs allant de sujets sacrés à des sujets profanes, certainement d’époque tardive, comme on peut encore le lire dans certaines inscriptions insérées dans les motifs décoratifs : « Se succèdent inscriptions de dévotion, dates, motifs géométriques à losanges, représentations relatives à la Passion du Christ, éléments imprimés au moyen de matrices… ». La partie peinte la plus remarquable de la couverture est celle de la deuxième travée depuis l’entrée, où aux motifs religieux s’ajoutent des symboles profanes et liés à la culture populaire (le Christ, les anges, les signes du martyre, le soleil, la lune, la mort, la représentation de la Trinité tricéphale et d’autres), (voir carreaux du plafond : voir photo Trinité tricéphale ). Fresques de la chapelle de gauche (insérée dans le mur gouttereau nord). Cette chapelle ou cet autel serait dédié à la Vierge de l’Annonciation ; il a la forme d’une petite abside semi-circulaire dont le cul-de-four est peint à fresque d’une coquille. Sur la paroi droite est peinte la date 1521. Les parties basses présentent des figures de saints et de martyrs : la lapidation de saint Étienne à gauche ( voir photo fresque saint Étienne) et saint Laurent sur le gril à droite ; ce dernier, en bon état de conservation, révèle une exécution stylistique raffinée et sûre, compétente et artistiquement conforme aux meilleures traditions picturales des ateliers lombards des premières décennies du XVIe siècle ( voir photo fresque saint Laurent) . Le pourtour de la lunette est peint des bustes des Prophètes. Certains spécialistes rapprochent cette Annonciation avec saints et martyrs de l’école de Floriano Ferramola ( ?) et des peintures conservées dans l’église du Carmine à Brescia et dans l’église de Sant’Eufemia à Nigoline. Des fresques plus anciennes se trouvent en revanche sur le mur sud, où sont représentés une Marie-Madeleine pénitente et un autre saint sans tête [3] , que l’on peut situer au début de la seconde moitié du XIVe siècle, à l’exception de la Vierge à l’Enfant en trône avec saint Barthélemy et un donateur, peinte à côté de l’hémicycle absidal, sur le mur nord (voir photo fresque détail) . Cette représentation se distingue des autres fresques conservées dans la piève par le déploiement particulier de couleurs vives et par ses traits finement dessinés et bien proportionnés. D’autres figures de saints apparaissent dans le décor peint de la zone presbytériale : saint Roch, saint Antoine abbé, saint Bernardin de Sienne et une autre Vierge à l’Enfant. Sur le front de l’arc est peinte une Annonciation. Dans le sol, au pied du revers de la façade, sont placées deux dalles funéraires rectangulaires, une de chaque côté : celle du nord est datée du XVIIIe siècle, tandis que celle du sud, plus ancienne, présente la particularité d’un sceau rond orné de la représentation d’un compas. STRUCTURES ANNEXES Le bâtiment situé au nord de l’abside, aujourd’hui à usage agricole, présente des parties de maçonnerie probablement d’époque médiévale, repérables sur les côtés ouest et sud, où les parties basses sont construites en grosses pierres équarries de matériaux et de dimensions divers ; sur la face sud, on entrevoit les restes d’une fenêtre en meurtrière, aujourd’hui murée, et, un peu au-dessus, subsiste une fenêtre dont les piédroits sont formés de blocs monolithes équarris : les restes d’un oculus (encadrement de pierres claires, aujourd’hui muré) sont visibles juste au-dessous du faîte des rampants du toit. Dans cette partie supérieure, les matériaux mis en œuvre sont surtout des galets et des pierres brutes ( voir photo zone absidale) ; la maçonnerie occidentale de ce bâtiment reprend par endroits, par son type de construction, l’appareil de la face sud, même si les modifications et les adaptations apportées à diverses époques y sont très visibles, comme le montrent les restes de deux ouvertures : la plus basse était une porte en plein cintre en briques, tandis que de l’ouverture percée au niveau du premier étage subsistent, murés, les piédroits monolithes. [2] À titre d’information, signalons que l’on a découvert non loin de la piève les restes d’une villa rurale romaine, site fréquenté aussi au haut Moyen Âge, avec la réutilisation d’une partie des structures romaines préexistantes. [3] Toujours selon l’auteur du site internet cité dans la note 1, il s’agit de « saint Léonard de Limoges, reconnaissable à l’attribut iconographique qu’il tient dans la main gauche : des “ceps” qui servaient à lier solidement les pieds des prisonniers, dont il est considéré comme le protecteur ».

Comment citer

Bruno Balestrini (photographie), « Piève de Santa Stefania », Églises romanes mineures en Italie, Nuvolento, Italie. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/romanico-minore-00013/. Consulté le [date de consultation].

Ce texte a été traduit de l’original italien avec l’aide de l’intelligence artificielle (Claude). Lire la version italienne.