Salomé
En réalité, le sculpteur pérugin n’avait pas une trempe suffisante pour une position polémique et novatrice originale ; surtout dans les statues, il révèle une mentalité essentiellement académique et classicisante. L’exaltation du génie michelangelesque forme d’ailleurs la prémisse, nous ne savons avec quelle conviction, du Trattato delle perfette proporzioni, que le sculpteur publia en 1567. La Salomé fut modelée peu après : le groupe à trois figures de la Décollation du Baptiste fut installé au-dessus de la porte méridionale du baptistère San Giovanni en 1571, en parallèle au Baptême du Christ de Sansovino et à la Prédication du Baptiste de Rustici, qui ornent les deux autres portes ; le modelé fourmillant du relief avec le Serpent cède la place à une élégance linéaire recherchée, qui raidit quelque peu les profils et amortit en surfaces lisses calculées toute palpitation de l’épiderme.
Bruno Balestrini (photographie), « Salomé », œuvre de Danti Vincenzo, Sculpture baroque, Florence, Baptistère. Archives photographiques Bruno Balestrini, https://brunobalestrini.org/cita/sch00192/. Consulté le [date de consultation].